A l'ombre de mes yeux
L'anatomie des rayons de sommeil, le temps de calcul de l'agonie des lustres,les bruits de la nuit sont de minuscules écorchures indolores, des tatouages de l'ombre,les caresses de la pesanteur sur mes paupières. J'ai perdu ma course contre la brèche.
Les fantômes désertent mes labyrinthes, espaces menacés par la poussière des pupilles. Entre le chant des cygnes et celui des sirènes, je suis décompositeur. Mes yeux fermés sourient à l'envers. Je rêve à pleines dents.
Des nénuphars électriques hurlent des tombereaux de doigts tordus, les papillons noirs disparaissent aussitôt que je les regardent, les taupes se noient dans le désespoir des racines, la topographie de mon crâne se précise. Fureur d'accords et de cris, le temps des vertèbres élastiques est achevé.
La langue souterraine de la démangeaison, venin au crépuscule, vague scélérate le matin, otage des bruits de saison entre les deux. J'ai épuisé tous mes cadavres, craché mes dernières étincelles. L'avenir ne m'effraie pas plus que l'absence d'avenir, toutes les couleurs mécaniques de la perdition au chevet de mes envies perdues. Aucun platane ne m'adresse plus la parole.
La dégénérescence de la prose ondulatoire, pulpeuse à vingt pour cent, féérie virtuelle à durée limitée, le retour des queues de poisson. La folie est unanime, aussi rouge qu'une nuit noire, le vertige des sens inédits. Brûler les bucherons ou étouffer les oreillers, quitter le théâtre granuleux des pixels, revenir en corps synthétique, l'épineuse libération des spores au son des écorces molles.
Il faudra enjamber reptiles et cloportes, vomir les chimères brûlantes et amères. Attendre les rafales de sang aussi nu qu'une ampoule. Silence caverneux, encore un nid d'asticot. Simples d'esprits, brillez pour nous.


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