lundi 20 décembre 2010

Sépulture de rêve

Voyage aux confins du soixante neuvième parallèle,

Chercher à tâtons le son des tremblements définitifs.

en corps et en corps,

Entr'apercevoir l'avant-bras d'une comète sous les yeux des cibles endormies.

Les regards en biais de la végétation moelleuse,

Dans le vrombissement des lointaines lucioles mécaniques.


A croupeton sous les nuages bleu et mauve et le regard circulaire de la sève turbulente.

Pas de quartier pour la lune. Orion n'est plus en ligne.

Rejouer la tectonique des corps sans tête,

Le cheveu raz, l'ivresse tentaculaire. Avec l'appétit d'un cri porté par le vent.

Climax des vibrations, à la démesure des mucosités sacrées.

Les alentours d'un massacre annoncé.

Embrasser les jambes ou enjamber les bras,

Nuit boomerang où le tournoiement des chairs cède sa place à la digestion des herbes malignes.

Aux soupapes, aux soupapes ! Le réquisitoire des chairs fatiguées.


Tu ne m'as pas fait de fleurs, j'en perds encore les pétales.

Feux d'os

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mardi 7 décembre 2010

La position du demissionnaire


Le souvenir du lombric hante encore mon épaule.


Renifleur de médecine avariée, je me suis cru réversible.

Jeune apôtre des envies reportée. Le sourire des narines pour dernier salut.

Je voulais des cendres, ça ne m'a pas mené bien haut.

Ni eau, ni gaz, ni étage. La pathologie du réservoir vide.

Brimé, comme une oreille que l'on empêche de décoller. Injuste détour des choses.

Céder au sang des sirènes - ou pas.

Question unique, réponse inique, suffisamment pour noyer mes rétines.

Reconduite à la frontière de ma paupière. Échec au seuil du silence.

Je suis parti dans la mauvaise digestion. De quoi se faire de la bile.

Les entrailles en mode cubiste - je souffle mille mots.

Ceinture sur les juteuses constellations du bouillonnement épidermique.

Bientôt l'errance, la nuit sommaire qui prélude au réveil du volcan mal étreint.

S'abaisser à la facilité des pigments. Confondre le velours et l'ortie.

Je renifle l'ivresse des marécages au moindre coup de langue.

Une envie de lécher la proie dans l'ombre.

Je ne crois pas à l'innocence des machines-outils.

Croissant multiple rougi au fer muet. L'heure d'hiver revendique sa part.

Je tourne autour du sommeil. Écliptique de ma silhouette défunte.


J'ai été rappelé à l'ordure des choses. Un grand coup de savate derrière la tête.

Faire d'une bière deux coups.

Dégueuler les langues infectes des promesses trop clinquantes.

Calculer le volume de folie dans un dé à coudre, le comparer à la couleur du tocsin.

Dormir, gémir – épaissir, ralentir – vomir.

J'ai accepté la couleur de mes os, le craquement de mes dents,

les griffes hésitantes qui vautour-tourbillonnent au dessus de mon dos.

Je m'épluche aux quatre vents, ne crains ni la transparence des yeux ni les sourires baveux des apôtres du calcul vestimentaire.


Tous les voyants sont au ver de terre.


mardi 20 avril 2010

Into the space cave

The Death of Mars

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ThunderWater

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jeudi 25 mars 2010

L'Ambiguïté des organes


Les premiers musées sont toujours des cimetières dont l'épaisseur ne dépasse pas un frémissement.

J'ai digéré les caresses des cyprès dans l'onde festoyante d'une lune carnivore.

Flottement–frottement, les eaux sur la peau, les oreilles en éventail, au son feutré des douze demeures de mes premiers nuages.

Souffrir à la beauté du monde, les genoux en avant, le poids des étoiles sur le sommet du crâne—en guise de bouchon.

Jongler avec le cri des solstices au travers des tentacules .

Les faux départs se répètent, des rictus de fantômes affamés,

vampires édentés, le mauvais pied dans la bonne chaussure,

la monotonie des poutres dans le ciel de plâtre.

Émergent les bras de quelques noyés croyant encore à la respiration artificielle.

L'herbe pleure sa chlorophylle.

Le supplice de la pointe des pieds ne réjouit pas les champignons.

Des titres trop gras rebondissent sans tâche à l'intérieur de ma tête.

Le service de ramassage des noctambules,

les ébats des grenouilles exhumées au carillon des derviches brouteurs,

séance d'essayage de chapeaux hallucinogènes,

de quoi en perdre la bête.

Candidats à l'aspiration, avalez vos clavicules.

Rien ne sert d'invoquer l'épinette, les glottes ont été débranchées.

Ouvrez grand vos orteils.

Les petits trous dévoreront les grands.

Trois heures de marche jusqu'au nombril.

Céder n'est pas suffisant, encore faut-il dévorer.

Dormir dans un bourdonnement de lumière métallique.

Préserver le profil du talon, l'immonde nécessité des notes viscérales,

sombre vertu.

On accorde trop d'importance à la pesanteur.

Mon corps est petit et à l'envers. J'y ai appris à ramer sans fumer.

Les paupières tirées vers le haut comme une araignée écartelée.

Les draps sont tellement noués que je ne m'étais pas reconnu.

Je ne savais pas à quelle profondeur je marchais, avant qu'un lombric ne vienne me taper sur l'épaule.

haut la main

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lundi 15 mars 2010

Ecrase !

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René Daumal

NAUFRAGE DE NUIT


Le velours sans fond du dernier soleil
aspire les éclats mourants des yeux
qui tournent de lourde ivresse.
Les derniers rideaux du sommeil
ondulent au bruit sourd des coups du sang
dans les membres creux des statues.
Une lie lumineuse en flaques
coule dans le tumulte désespéré
des voix qui se veulent éternelles.
Le jeu sans fin des trappes et des rideaux
où le rêve se complique
d'anguilles, de mollusques,
et d'idoles aux bras innombrables,
dissipe en brouillard les regards
qui s'essaient à vivre,
les cadavres d'espoir à la dérive
réclament l'éternelle naissance
d'un perpétuel meurtrier.

extrait de "Le Contre-Ciel (premier état) 1936

dimanche 28 février 2010

jeudi 11 février 2010

Les sept déchets capitaux


Un refrain enfantin hante mes hémisphères.

Entre le cœur et le ventre, la répétition commence,
mon diaphragme comme instrument de percussion.

Affronter
la turbulence des fluides,
le ronronnement délicat qui précède la coupure des lumières de plomb,
plus rugueux que la définition d'une caresse.

Inhaler
les fautes d'humeur des amazones,
la déclinaison des hurlements de mes artères,
boursoufflure de l'instrument du festin.

Nourrir
le tremblement de mes os,
archive des saletés embryonnaires,
loquace comme un siphon sans fond.

Saisir
les mouvements écarlates des tromperies buccales
dans le crépuscule des sirènes gastriques,
l'énorme battement du chœur des charognards repus.

Enlacer
un solstice pour mieux dégueuler la sourde ambiance du volcan-douleur,
hystérie des couleurs à l'entrée du gouffre,
un instant de folie virtuelle.

Inventer
un fouet pour lacérer cette camisole invisible,
souillure imbécile dans l'embrasure du contre-jour,
l'aura du désespoir chuchoté par les noueurs de veine.

Écrire
pour charcuter, envie de rire de tout quand plus rien ne m'amuse,
mon âme, en corps et en corps
crache ses poils jusqu'aux orteils.

Passé l'encolure, la cacophonie fait la loi.
Une fée imbibée découvre ses cuisses dans la lueur des cyprès,
herbes nonchalantes et suburbaines.
La silhouette dénaturée de mon prochain rêve-mort,
fille des décibels lunaires.
La courbure aura raison des sorties de mirage.

Je ne sais pas si je vibre ou si un papillon crie mon nom

mercredi 10 février 2010

Le Miracle Tatoué

Le Miracle Tatoué est toujours hébergé chez Altor Sae Vertebris.
Pour en savoir plus, un clic sur le titre

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dimanche 7 février 2010

flutiste

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Vos désirs sont mes désordres



Nouvelle année, nouvelle damnée.

Respiration au fond de mon oreille gauche - comme un cri d'air qui martèle.
Pendu à mes cordes vocales, j'ai voulu étreindre le feu.
J'ai raclé les ultimes plis de ma mémoire, cherché les marges de part et d'autre - en vain-
bavé sur le drap, croisé l' édenté solitaire - double épaisseur du cauchemar. De quoi frissonner des molaires.
J'en ai bu des rouges et des trop mures. Mes antennes ont cessé de pousser.

J'épluche le catalogue des déclinaisons mortuaires.

Retour de l'enfer des tapis roulants et des temps de transport figés.
Vieille moquette - d'un autre âge - escaliers étroits et noueux.
Artères célèbres, imbues de leur propre lumière, même plus éblouies par les flashes.
Méchante ritournelle au sourire trop pâle.
Les peurs sont éventrées. Aux orties les arrière-plans.
L'écran plat comme promesse puante du don d'immortalité - c'est l'intestin graal.
A la sémantique binaire, je préfère le cannibalisme. Le clin d'œil du cyclope.

Je transpire dans les veines mais conserve mon sang-froid.

Mes entrailles me mangent. La lumière devient lourde. Éclipse du fond de passion.
Toujours davantage de spirales - nous sommes dans de beaux drames.
De souris fluorescentes en sardines chimériques nous voici génétiquement médusés.
Le tarif de la solidité, vingt-trois jours sur un tabouret entre brûlure et décollation.
Demain, le désert, l'orgasme des robots - les aimants vont s'ennuyer.
Ni l'air chaud qui souffle sur mes paupières ni les piqûres d'aube - pluie de cafards géants, anges déçus, exterminateurs de vermine avariée et toujours ce ventre qui pousse l'ennui jusque dans les cheveux. Maillon unique de la chaîne auto-alimentaire.
Il ne sera bientôt plus permis de croire aux fantômes. En cas de dépression il faudra souffler dans les tuyaux.
L'heure de vomir n'a pas encore sonné.

Je n'ai plus peur de l'ouest - encore moins des chapeaux.
Je deviens spécialiste en traitement des os.
Creuser,
creuser,
creuser, la seule issue est dans la profondeur.
Je pensais explorer les abysses, j'étais dans une fosse nasale - je me suis fait moucher.
Il ne fait pas bon être trop humain.
Des hommes qui programment des hommes - les démangeaisons n'en demandaient pas tant.

Attouchement sans douleur – penser à muscler mes paupières.
Une demi-journée pour refaire le monde ce n'est déjà pas si mal.

lundi 1 février 2010

cosmic tektonik

et pendant ce temps, je danse.

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Claude Pélieu

Claude Pélieu (1934 2002) toujours magnifique et électrisant


Défaire le vide sur l'échiquier mouvant
les hommes du Pouvoir tapis dans l'égout de la vie
sucent nos rêves (cris d'hommes pour assassiner la magie)
nuages-étamines essaims de nuages multicolores
Jeudi ciel gris livide sans profondeur
cris d'hommes perdus dans les rêves de brume
regards tendus vers les abimes du quotidien
et maintenant le Diamant et la Foudre
et puis l'indolence l'insouciance
il faut passer par là sous une pluie d'étoiles


extrait de indigo express (1986)

vendredi 29 janvier 2010

Histoire (personnelle)

premiers tripotages numériques, déjà au siècle précédent.


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mardi 26 janvier 2010

New-Hell

New Hell

La piste d'équarissage

Prochaines nouvelles de l'aurore:

accouchement avec douleur, la démarche sexuée des robots, adoptez un dinosaure,

soyez votre propre clone – triste de préférence-

poissons souterrains nourris à la merde, baisers rouillés,

des milliards de crânes dans une puce qui en oublie d'être savante.

De l'horreur au crépuscule: journée portes ouvertes pour les cicatrices.


Nuit ventouse, aspiratrice de rêves, à la recherche de mes dernières empreintes,

opéra des foudres de nerfs, osmose extra-onaniste dans le cimetière des angles morts.

Perspective tordue aux contours indécis, la nostalgie du cri des couleurs,

ce n'est que foutre aux yeux, éjaculation des pupilles imberbes.

Le vent préfère la tôle et le murmure neurasthénique des pots d'échappement.

A la tangence des derniers lumbagos mécaniques, un songe incarné.

Chair viande, désincarne ton emballage.

Tapageurs inopportuns, les murs restent froids au rythme de la fièvre.

En attendant la brûlure, rester maître de mon éclairage.

Lâcher la plume c'est sombrer, accepter la tyrannie des paupières.

Pénurie lacrymale, j'ai perdu l'écho de mes semelles.

Si je mange mes oreilles, j'entendrai mieux mes boyaux.

Les derniers instants d'insouciance ou l'insouciance des derniers instants.


Repos sempiternel - finalement la danse aura raison de mes nervures.

Je peux enfin avaler des braises et chevaucher des scorpions.

La chaleur des draps roses, froide brûlure sous les jointures.

Je m'endormirai entre les caresses du sable et le craquement des cloches fanées.

Larmes noires sur le granite. Ni le goût du venin ni celui du vin ne m'attise.

Peut-être suis-je déjà fantôme,

ébloui par le crissement des fenêtres, le mensonge de la vitesse.


Je n'ai plus peur des marécages.

Les ultimes braises seront intestinales.